En Côte d’Ivoire, l’orpaillage clandestin s’est progressivement imposé comme un phénomène de grande ampleur qui touche une grande partie du territoire national. Les statistiques disponibles illustrent clairement l’extension de cette activité illégale et les défis qu’elle pose aux autorités publiques.
Selon les données issues des services de l’État et des opérations de lutte menées contre ce phénomène, le pays comptait en 2023 environ 1 098 sites d’orpaillage clandestin répartis dans 302 localités à travers le territoire national. Cette activité illégale mobilise une population estimée à près de 24 000 orpailleurs, composée en grande partie de jeunes en quête de revenus rapides dans un contexte de précarité économique et de manque d’opportunités d’emploi dans les zones rurales.
Ces sites d’exploitation illégale sont présents dans de nombreuses régions du pays. Les opérations de contrôle menées par les autorités ont ainsi couvert 302 localités réparties dans 25 régions administratives ainsi que dans le district autonome de Yamoussoukro, ce qui montre l’ampleur géographique du phénomène et sa diffusion dans différentes zones rurales ivoiriennes.
Les actions de lutte menées par les autorités à travers le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) et la Brigade de répression des infractions au code minier (BRICM) ont permis de mettre en évidence l’importance des réseaux et des moyens mobilisés dans cette activité.
Entre janvier et octobre 2023, plusieurs opérations ont permis d’identifier et de traiter ces sites clandestins, conduisant notamment à l’interpellation de 501 individus impliqués dans l’exploitation illégale de l’or. Les opérations ont également conduit à la saisie d’importantes quantités de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin, notamment des pelleteuses, des motopompes, des groupes électrogènes et divers équipements d’extraction.

Ces chiffres témoignent de l’ampleur d’un phénomène qui dépasse largement le cadre de quelques exploitations isolées et qui constitue aujourd’hui une véritable économie informelle structurée. La présence de plus d’un millier de sites clandestins, impliquant des dizaines de milliers d’orpailleurs et touchant plusieurs centaines de localités, montre que l’orpaillage illégal est devenu un enjeu majeur pour la gestion des ressources naturelles, la sécurité des territoires ruraux et la protection de l’environnement en Côte d’Ivoire.
